Pour nettoyer le cuir chevelu, les shampooing classiques contiennent des tensioactifs.

Les tensioactifs présent dans les shampoing : Késako??

Ce sont des molécules qui contiennent une partie hydrophile (qui aime l’eau) et une partie hydrophobe (qui n’aime pas l’eau ou appelée lipophile : qui aime l’huile). Ils permettent de décrocher les salissures qui se lient à la partie lipophile et de les solubiliser dans l’eau.

Les tensioactifs offrent 4 “avantages” :

  • Un effet moussant : qui n’aime pas se laver avec un produit qui fait une belle mousse ? Seulement la mousse n’est qu’un effet secondaire du tensioactif : il emprisonne l’air, faisant “gonfler” le shampoing. Et cela n’agit en rien sur son pouvoir détergent. Ce n’est donc pas parce qu’un shampoing mousse beaucoup qu’il est plus efficace !
  • Une texture agréable  :  le côté fondant d’un bain douche est très demandé.
  • Une bonne stabilité et conservation des formules.

Les différents types de tensioactifs

Il existe plusieurs types de tensioactifs plus ou moins irritant (surtout au niveau des yeux) et plus ou moins toxique pour l’environnement (par leur fabrication et/ou leur dégradation)

Parmi les tensioactifs les plus connus, on retrouve le Sodium Lauryl Sulfate (SLS). Il est issus de l’huile de palme principalement. Il est autorisé en cosmétique bio car sa fabrication est dite propre (elle n’engendre pas d’impact négatif sur l’environnement) et est conforme au tests de toxicité aquatique et de biodégradabilité présent dans le référentiel Cosmos. Il est cependant très irritant pour la peau et les yeux, ce qui peut provoquer une déshydratation du cuir chevelu (apparition de pellicules) et des démangeaisons.
Pour contrer ces effets indésirables, les fabricants de produit bio ajoutent des agents apaisants tels que la cocamidopropyl betaine.

Le Sodium Laureth Sulfate (SLES) est un dérivé du SLS, il est obtenu par une transformation chimique très polluante : l’éthoxylation (ajout oxyde d’éthylène). Il est devenu plus agréable à l’utilisation : son pouvoir moussant est plus important et il est légèrement moins irritant que le SLS.

L’Ammonium Lauryl Sulfate (ALS), un peu moins connus que ces cousins, est d’origine végétal (huile de palme ou de coco) et peut être utilisé en cosmétique bio. Attention, il est également irritant et souvent utilisé en association avec des agents apaisants qui allongent la liste des ingrédients utilisés dans le produit fini.

Dans les shampooings solides, on trouve de plus en plus le Sodium Cocoyl Isethionate (SCI), synthétisé à partir de l’huile de coco. Cette synthèse produit de nombreux déchets (souvent chlorés) parfois non recyclables.

Il existe encore de nombreux autres tensioactifs naturels ou issus de la pétrochimie mais parler de tous mènerait au même point : aucun n’est parfait.

Comment éviter les tensioactifs dans un shampooing ?

Pour éviter d’utiliser les tensioactifs présent dans les shampooings il est nécessaire de s’orienter vers d’autres types de produits pour le lavage de ses cheveux.

Les shampooing solides

Pour éviter les tensioactifs dans les shampooing, on peut s’orienter vers les shampooings solides saponifiés à froid. Sur le principe, on prend des huiles et on les mélange avec de la soude (dit comme ça ça fait peur mais à la fin toute la soude a disparue pour laisser place à des molécules de savon : c’est la saponification).

Mais encore faut-il trouvé la bonne huile ! Et ce n’est pas chose facile car utiliser de l’huile de coco ou d’autres qui viennent tout droit par avion de l’autre bout du monde, pour l’impact écologique on repassera… (sans parler des petits singes maltraités et enchainés pour aller cueillir des noix de coco sur certaines exploitations). Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai banni tous ces ingrédients pour fabriquer mon shampoing…

Les poudres lavantes

Une autre alternative existe : les poudres lavantes. Elles sont riches en saponines : ce sont des molécules naturellement présentes dans certaines plantes utilisées pour obtenir les poudres et qui présentent des propriétés tensioactives. On retrouve par exemple le sidr issu du broyage des feuilles de jujubier qui provient de Chine. Ou encore le shikakai, issu des cosses d’acacia concinna (ou shikakai) qui pousse en Inde ou le rhassoul qui est un type d’argile issu de gisements au Maroc. Mais là encore ces produits sont exotiques et bien souvent vendus dans des emballages en plastique non recyclable donc je préfère ne pas les utiliser et privilégier une consommation locale.

Le shampooing à l’argile

Pour se laver les cheveux naturellement et local par chez nous, on peut utiliser l’argile (verte ou blanche) qui permet d’absorber l’excès de sébum et les toxines.

Mais là c’est au niveau de l’utilisation que ça se complique. En effet, se faire un masque d’argile sur les cheveux qui doit être posé uniquement sur les racines (car l’argile assèche les pointes) et qu’il faut laisser en place 20 minutes avant de rincer. Autant dire que ça change de nos habitudes de shampooing vite fait sous la douche. Cependant je trouve cette solution meilleure que les précédentes (dans la vie on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre, la crémière et la crèmerie)

Le bicarbonate de soude

Une autre technique locale que j’ai utilisé est celle du shampoing au bicarbonate de soude : il faut bien l’utiliser sinon gare au cheveux collés et pâteux. Cette technique dite de “clarification” permet de nettoyer les cheveux en profondeur en les débarrassant des résidus de silicones et de sulfates.

Elle peut s’utiliser en phase de transition entre nos shampooings industriels et une méthode plus naturelle. Pour cela faites une pâte avec du bicarbonate de soude et de l’eau, massez bien le cuir chevelu et rincez abondamment à l’eau claire. Ensuite, le plus important : effectuez un rinçage au vinaigre de cidre. Le bicarbonate, avec son pH basique, permet d’ouvrir les écailles du cheveu et le vinaigre, avec son pH acide, permet de refermer les écailles ce qui rend la chevelure douce et brillante).

En revanche la clarification ne doit pas être une routine quotidienne mais une méthode temporaire à utiliser une fois par semaine (voir une fois par mois en fonction de votre chevelure).

En résumé, l’habitude que nous avons d’utiliser des shampooing qui moussent n’est bonne ni pour nous, ni pour l’environnement. Des alternatives existent même si celles-ci ne sont pas toujours faciles à mettre en place.

Sources : Mr Mondialisation, Biolinéaires, Gaiia-shop, Univeda, Incibeauty, Que choisir, Cosmebio